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Dossier de Presse

L'approche tunisienne de la solidarité

Confrontée, comme nombre de pays du Sud à la lancinante problématique du développement économique et du progrès social dans un environnement délicat, la Tunisie s'est frayé un chemin propre, optant pour une stratégie de développement global axée sur la recherche d'un équilibre dynamique entre les dimensions économiques et sociales du développement. De multiples mesures de restructuration et de libéralisation de l'économie ont été ainsi engagées en vue de favoriser une croissance économique forte, génératrice de richesses, et des politiques sociales hardies mises en oeuvre pour assurer une redistribution équitable des dividendes de la croissance à l'échelle nationale.

La Tunisie a ainsi entrepris, notamment depuis la fin de la décennie 1980, de promouvoir un modèle de développement solidaire, marqué par l'importance des transferts sociaux de l'Etat et la création de mécanismes de solidarité nationale inédits. Les résultats sont édifiants : une croissance moyenne annuelle de 5%; un élargissement de la classe moyenne qui représente aujourd'hui 80% de la population, et une baisse substantielle de la pauvreté qui ne touche plus que 4% à peine de la population.

L'originalité de la politique tunisienne en faveur des catégories vulnérables de la population réside dans le passage de l'assistanat classique qui grève lourdement le budget de l'Etat, avec des résultats somme toute mitigés, à une politique de soutien financier et technique des projets créateurs de revenus, élaborés par les populations.

L'objectif de la politique de solidarité mise en ouvre pour ces catégories défavorisées est en réalité de les aider à se prendre en charge elles-mêmes, à développer, en lieu et place de la mentalité d'assisté d'antan, une culture de l'entrepreunariat et de la participation. C'est la philosophie qui sous-tend les mécanismes mis en place par le président Ben Ali, à partir de décembre 1993, en direction des régions enclavées et des populations y résidant.

C'est le cas notamment du Fonds de solidarité nationale (FSN, ou Fonds 26-26) qui s'est employé, au début, à fournir aux citoyens des zones enclavées, dont le rôle économique se limitait autrefois à consommer les aides financières et autres dons en nature consentis par les pouvoirs publics et autres bienfaiteurs, les moyens de développer des petites et moyennes exploitations agricoles ou pastorales communautaires, puis individuelles. Les premiers programmes de ce Fonds ont ainsi mis en place des infrastructures de base (routes, électricité, eau potable, téléphone, barrages de retenue d'eau, etc.) nécessaires au développement des activités économiques.

Au fur et à mesure du désenclavement de ces régions et de leur équipement en infrastructures de base, de nouveaux programmes ont été mis en ouvre pour faciliter l'installation de micro-entreprises. C'est le cas de la Banque tunisienne de solidarité (BTS), spécialisée dans l'octroi de micro crédits, ou du Fonds national de l'Emploi (FNE ou Fonds 21-21) dont les programmes visent à la formation, au recyclage et à l'insertion professionnelle des jeunes.

Parallèlement à ces mesures d'intégration socio-économique par le soutien à l'initiative individuelle, une autre catégorie de programmes, ciblant certaines catégories de populations souffrant de handicaps divers, a été développée. Ainsi, 114.000 familles ont bénéficié, en 2002, des aides permanentes octroyées par l'Etat dans le cadre du Programme national d'aide aux familles nécessiteuses (PNAFN). Des aides financières et en nature sont également accordées aux élèves et étudiants de familles modestes, à l'occasion de la rentrée scolaire. Nécessiteux, personnes âgées et handicapés bénéficient, en plus des aides permanentes, de la gratuité des soins dans les hôpitaux publics. Pour les familles démunies capables de travailler, un programme de création de sources de revenus a été mis en place pour les aider à améliorer leurs conditions de vie.

La solidarité comme modèle de développement a fait ses preuves en Tunisie. C'est fort de cette expérience et d'une vision humaniste des relations internationales bâtie sur la foi en la communauté de destin de l'humanité et en la nécessité d'un co-développement entre pays riches et pauvres vecteur de la stabilité internationale, que le président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali a lancé, en octobre 1999 à Tunis, l'idée d'un Fonds mondial de solidarité pour compléter le dispositif existant en matière de lutte contre la pauvreté.

Pour la Tunisie, la mondialisation de l'économie doit s'accompagner de la mondialisation de la solidarité, afin de prévenir les fractures sociales et de lutter plus efficacement contre la marginalisation et l'exclusion que génère la logique du " tout économique ".

Ayant mis en oeuvre différents programmes de réduction de la pauvreté mondiale qui ont presque tous montré leurs limites face à l'immensité et à l'intensification du fléau notamment dans certaines régions du monde, la communauté internationale n'a pas tardé à soutenir cette initiative tunisienne, ce qui s'est traduit en décembre 2000 par son adoption, à l'unanimité, par l'Assemblée générale des Nations unies. Depuis décembre 2002, une résolution de l'Assemblée générale appelant à la création immédiate de ce Fonds est en vigueur. Sa mise en ouvre a été confiée à l'institution onusienne spécialisée dans le développement humain, le PNUD (Programme des nations unies pour le développement).

L'action du Fonds s'inscrit dans le cadre des objectifs du sommet du millénaire, à savoir réduire de moitié la proportion de pauvres dans le monde à l'horizon 2015. Le FMS complète, de ce fait, les différentes initiatives prises au cours des dernières années, au sein de conférences mondiales et du système des nations unies, notamment les plans d'allègement de la dette des pays pauvres les plus endettés coordonné par le FMI et la Banque mondiale, les actions entreprises pour développer les institutions de micro-financement, le renforcement des interventions des ONG, surtout dans le domaine de la micro-finance, ou l'aide octroyée aux pays pauvres par les bailleurs de fonds bilatéraux.

Le Fonds mondial de solidarité (FMS) est un mécanisme complétant et renforçant l'action internationale en matière de lutte contre la pauvreté, qui se propose d'intervenir dans un champ précis : celui de l'accélération du rythme de développement social et humain, notamment dans les pays les plus pauvres.

Dans son appel du 25 août 1999, le Président Ben Ali a ainsi défini le champ d'intervention du Fonds mondial : le FMS se fixe pour ambition d'intervenir dans " les régions les plus démunies en diverses parties du monde, et tout particulièrement dans les pays les plus pauvres ". Les interventions du FMS se situeront dans le cadre de la stratégie d'élimination de la pauvreté propre à chaque Etat.

Toutefois, les objectifs suivants, inscrits dans la Déclaration et le programme d'action de Copenhague, ainsi que dans les textes issus des grandes conférences et réunions au sommet des Nations unies de ces dernières années, seront privilégiés :

- Faire accéder les populations les plus pauvres aux commodités et services sociaux de base, notamment la santé, l'éducation, l'eau potable, le logement décent

- Promouvoir et mettre en valeur les ressources humaines dans ces régions et encourager la création de sources de revenus et d'emplois productifs, afin d'aider à l'intégration sociale et économique des populations concernées

- Accroître la participation des populations cibles à la prise de décision dans les domaines qui les concernent, et faciliter leur accès aux nouvelles technologies.

Agir sur la pauvreté et l'exclusion contribuera fortement à réduire les tensions dans le monde. C'est la conviction de la Tunisie de Ben Ali qui a entrepris dès 1989, d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le danger que constitue le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres, appelant à un partenariat mondial pour le co-développement dans lequel aucune nation du globe ne serait exclue de la croissance et de ses fruits.

Toutes les dispositions ont été prises par l'Assemblée Générale des Nations Unies pour créer et rendre rapidement opérationnel le Fonds mondial de solidarité attendu par des centaines de millions de personnes confrontées de par le monde à la pauvreté et à la marginalisation.