|
Développement économique et social
La Tunisie s'est fixée pour ambition, en matière de développement, de réaliser une croissance économique forte, à même de soutenir et de favoriser le progrès social. Peu doté en ressources naturelles, le pays a misé sur la valorisation de son potentiel humain et sur une action sociale de grande envergure en direction des populations vulnérables pour lutter contre l'exclusion.
Cette démarche, fondée sur la recherche permanente de l'équilibre entre la dimension économique et la dimension sociale du développement, a permis au pays de réaliser à la fois des performances économiques significatives et un développement social remarquable dans la région.
La libéralisation progressive de l'économie, sa diversification accélérée et son ouverture sur l'extérieur ont contribué à faire de la Tunisie un pays émergent, qui aspire à rejoindre, à brève échéance, le cercle des pays développés.
Avec une croissance économique régulièrement positive et supérieure à la croissance démographique ( 5% en moyenne au cours de la dernière décennie pour un croît démographique limité à 1,08%), un secteur industriel particulièrement dynamique et largement tourné vers l'exportation(le taux de croissance du commerce extérieur tunisien atteint 15%, en 2001, et les exportations du pays représentent 42% du PIB), un revenu par habitant supérieur à trois mille dinars tunisiens et des infrastructures d'un niveau proche de celui existant dans nombre de pays européens, la Tunisie dispose de tous les atouts pour réaliser ses ambitions.
Ces performances réalisées dans un environnement régional et international difficile sont, souligne un rapport récent du FMI, « les fruits de politiques macro-économiques, structurelles et sociales bien coordonnées ». Trouvant dans la mondialisation une opportunité pour développer davantage son économie et la rendre plus compétitive, la Tunisie s'est lancée dans une mise à niveau générale de ses entreprises, qui auront à faire face, à l'horizon 2010, à la concurrence des entreprises européennes, dans le cadre de la zone de libre-échange Union Européenne-Tunisie prévue par l'accord d'association de 1995. Cette année-là, pour la première fois de son histoire, l'Union Européenne concluait un accord d'association avec un pays du sud de la Méditerranée. La solidité de l'économie tunisienne, ses bonnes perspectives de croissance, la compétitivité de son industrie et le sérieux de sa gouvernance politique et sociale, ont convaincu l'Union Européenne de faire de la Tunisie un partenaire de choix au Sud. Plus de deux mille entreprises européennes, américaines et asiatiques se sont établies en Tunisie, parfois en partenariat avec des Tunisiens dont les compétences sont reconnues à l'échelle internationale. Malgré la baisse du volume d'investissements directs étrangers (IDE) de par le monde, la Tunisie continue à drainer un nombre croissant d'IDE (1.200 millions de dinars en 2002 contre 448 millions en 1999), preuve de l'attractivité du site et de la confiance des milieux d'affaires attestée par les appréciations régulièrement positives des différentes institutions internationales de notation ..
L'une des caractéristiques du développement économique en Tunisie réside dans le fait que la croissance y a largement profité aux entreprises et surtout aux citoyens, contrairement à ce qui a cours dans nombre de pays émergents. Grâce à sa politique vigoureuse de solidarité nationale et à l'importance des transferts sociaux de l'Etat (les dépenses liées au social représentent en moyenne plus de 50% du budget public), la Tunisie est parvenue à augmenter substantiellement le niveau de vie des populations : la classe moyenne s'est élargie et regroupe à présent l'essentiel de la population (environ 80%), l'espérance de vie avoisine 80 ans, 80% des foyers sont propriétaires de leur logement, pratiquement tous les enfants de six ans sont à l'école (obligatoire et gratuite). La pauvreté, dont souffraient plus de 12% de la population dans les années 1980, a été réduite à 4%, sous l'action combinée des pouvoirs publics et des citoyens qui ont massivement alimenté en ressources le Fonds de Solidarité Nationale (FSN), créé en 1992 par le Président Ben Ali pour favoriser le développement des zones les plus reculées et lutter contre l'exclusion et la marginalisation.
Les succès remportés par cette expérience pionnière de développement solidaire ont été couronnés par la communauté internationale qui a créé, en décembre 2002, à l'instigation du Président de la République, le Fonds Mondial de Solidarité.
Pour la Tunisie, la mondialisation économique doit s'accompagner d'une mondialisation de la solidarité, et la croissance économique doit être équitablement redistribuée pour assurer la pérennité de l'édifice et garantir la cohésion sociale nécessaire à toute ouvre de progrès. Le social n'est plus appréhendé en termes de mesures d'accompagnement pour atténuer les effets pervers des ajustements structurels, mais est pleinement intégré dans la stratégie de développement du pays. Cette approche a eu pour effets notables de créer une économie à la fois compétitive et solidaire, libérale et sociale, qui permet à la Tunisie d'envisager son avenir avec optimisme.
|