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Médias
Cadre légal et constitutionnel
La liberté d'opinion et d'expression est garantie par la constitution tunisienne. Depuis le 7 novembre 1987, de multiples mesures juridiques ont été prises en vue de promouvoir le pluralisme dans les médias, protéger les droits des journalistes et favoriser le libre exercice de la profession. Le Code de la Presse a été amendé en 1955, 1993 et 2001.
Les amendements les plus récents ont dépénalisé les infractions de presse. La notion de « diffamation de l'ordre public « a été supprimée. Aucun journal ne peut être suspendu sans une décision en justice. Depuis le 7 novembre 1987, pas un seul journal ou magazine n'a été suspendu. De même aucun journaliste n'a été détenu pour ses activités journalistiques.
La presse est libre en Tunisie et n'admet comme limite que le respect de la Constitution qui proscrit toute forme de fanatisme, de racisme et de discrimination (article 8), et de la loi qui interdit les appels à la haine, et toutes les formes d'incitation à commettre des actes terroristes. L'incitation à commettre des crimes ou des actes de fanatisme religieux ou ethnique est considérée par la loi comme étant elle-même un acte de terrorisme. (Lois de 1993 et 2003).
Soutien aux journaux de l'opposition
Outre les subventions publiques accordées directement à leurs partis respectifs, tous les journaux de l'opposition bénéficient d'un mécanisme leur permettant de récupérer 60% des frais déboursés pour l'achat de papier journal. La presse dans son ensemble bénéficie de nombreuses aides indirectes sous forme d'exonérations douanières touchant l'ensemble des matériaux intervenant dans l'impression. L'Etat supporte aussi une part importante du coût des messageries de presse vers l'étranger. En moyenne, l'aide garantie par l'Etat à l'opposition couvre les coûts de production et d'impression d'une revue hebdomadaire diffusée à 15.000 exemplaires.
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali exhorte constamment les journalistes à être plus entreprenants. Il a appelé les médias à « oser davantage « et à s'assurer que les « différents sujets sont traités de façon impartiale, avec audace et responsabilité «.
Publicité publique
Tous les journaux et magazines, y compris les publications de l'opposition et les autres journaux indépendants bénéficient de la publicité publique. La publicité privée est libre et constitue environ 75% des revenus publicitaires des médias.
Les journalistes professionnels en Tunisie
On dénombre aujourd'hui en Tunisie 973 journalistes professionnels (contre 639 en 1990), dont 35% sont des femmes, 53% des diplômés universitaires. Près de la moitié ont moins de quarante ans. Les journalistes et les directeurs de journaux ont leurs propres organisations professionnelles.
La presse écrite
L'on recense actuellement en Tunisie 245 journaux et magazines (contre 91 en 1987). La majorité écrasante de ces publications appartiennent aux privés et déterminent librement leur propre ligne éditoriale. Les partis de l'opposition publient leurs propres journaux. De nombreuses organisations et associations professionnelles ont également leurs propres publications (dont l'Union Générale Tunisienne du Travail qui publie un hebdomadaire).
Radios et TV privées
« Radio Mosaïque « la première radio privée en Tunisie a commencé à émettre en novembre 2003. Une chaîne de TV privée, « Hannibal TV «, va bientôt démarrer. D'autres chaînes de radio et de télévision privées sont attendues. La création de chaînes de radio et de télévision privées est venue concrétiser l'engagement pris par le Président Ben Ali « d'ouvrir l'espace médiatique au secteur privé « et d'élargir les prérogatives du Conseil Supérieur de la Communication pour inclure l'examen des demandes relatives à l'ouverture de chaînes de radio et de télévision privées.
Diversité de la diffusion radio et télévisée
La radio et la télévision traitent des différentes préoccupations des Tunisiens. Les débats parlementaires sont diffusés en direct à la télévision. Des dossiers télévisés en direct retransmettent les opinions des représentants de l'opposition. Outre les programmes des radios et télévisons publiques, cinq chaînes régionales couvrent les diverses régions du pays. Des chaînes de radio et de télévision spéciales sont destinées aux jeunes auditoires (TV21 et Radio Jeunesse).
Les correspondants étrangers en Tunisie
Des centaines de correspondants étrangers visitent chaque année la Tunisie et environ 70 sont accrédités en permanence à Tunis. Tous les correspondants et envoyés spéciaux bénéficient des conditions adéquates pour le libre exercice de leur profession.
Accès aux médias étrangers
Environ 865 publications et journaux étrangers sont diffusés dans le pays (contre 450 en 1987). Pratiquement tous les ménages tunisiens ont accès à la radio et à la télévision. Environ la moitié des foyers tunisiens sont équipés de paraboles. Deux sociétés de télévision étrangères fournissent un accès par abonnement aux programmes étrangers, en différentes langues.
Diversité linguistique des médias
Trois des neuf quotidiens sont publiés en français. Les autres le sont en arabe. Des hebdomadaires sont publiés en arabe, français, anglais et italien. Les programmes des radio et TV sont retransmis en grande partie en arabe et des journaux télévisés quotidiens sont diffusés en français et en anglais. La chaîne internationale de la radio tunisienne diffuse en français, en anglais, en allemand, en italien et en espagnol.
L'Internet
Les journalistes professionnels bénéficient de tarifs spéciaux de connexion à l'Internet. La plupart des journaux et magazines ont leurs propres sites. La radio et la télévision tunisiennes sont diffusées en ligne en direct.
L'accès à Internet est libre en Tunisie. On dénombre 700.000 utilisateurs du net dans le pays, ce qui place la Tunisie dans le peloton de tête des pays africains et arabes les plus et mieux connectés. Tous les établissements éducatifs du supérieur et du secondaire sont connectés à la toile, les écoles primaires devant l'être d'ici 2006. Un programme de vulgarisation et de promotion de l'Internet a été mis en ouvre, qui a permis la création de plus de trois cents centres publics d'Internet, appelés « Publinets «, dans toutes les régions du pays. Des bus Internet sillonnent les zones les plus reculées pour connecter les populations. Des technopoles et cyberparcs sont érigés dans toutes les régions du pays, et la recherche/développement dans le secteur des Tic est particulièrement encouragée. Le pays est ainsi devenu le premier exportateur de soft en Afrique et dans le monde arabe.
La Tunisie abritera en novembre 2005 la seconde phase du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI). Une première réunion préparatoire à ce sommet s'est déroulée en juin 2005 à Hammamet, en Tunisie.
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