La Presse 20/10/2004
Campagne électorale
A chacun son discours...
La campagne électorale bat son plein: quatre candidats à la présidentielle et 168 listes aux législatives de dimanche prochain, ce qui est un record si l'on tient compte du nombre de candidats et une première dans l'histoire contemporaine de notre pays au niveau politique, c'est-à-dire sur le plan de la démocratie et du pluralisme.
Toute la Tunisie vit, en effet, au rythme de la campagne électorale qui se déroule dans une atmosphère de compétition loyale et transparente.
Candidats du parti au pouvoir et candidats de l'opposition et des listes indépendantes se déplacent sur tout le territoire de la République pour rencontrer les citoyens, tenir des réunions, distribuer des manifestes électoraux ou pour afficher leurs slogans et leurs photos.
L'Ertt et la presse écrite suivent de près tous les candidats et couvrent largement la campagne électorale qui fait la une de tous nos médias.
Tout cela sans parler, bien sûr, des organes des partis politiques et qui sont subventionnés, faut-il le rappeler, par l'Etat.
Le Conseil constitutionnel, l'Observatoire national des élections ainsi que les observateurs nationaux et étrangers suivent le déroulement de la campagne électorale.
Observateurs et candidats aussi bien de l'opposition que des listes indépendantes reconnaissent que la campagne se déroule dans les meilleures conditions de démocratie et de transparence et se réjouissent de la neutralité absolue qu'observe l'administration.
Les candidats du PUP, de l'UDU, du MDS, du PSL et des listes indépendantes sont unanimes à se réjouir et à se féliciter de l'atmosphère démocratique et pluraliste qui caractérise la campagne.
Ces candidats affirment haut et fort qu'ils n'ont enregistré aucun obstacle, ni dépassement durant leur campagne électorale, ni de la part de l'administration ni de la part des candidats du parti au pouvoir.
Les candidats de l'Initiative démocratique et du Parti démocrate progressiste (PDP) ne partagent cependant pas cet avis.
Ils critiquent «la partialité des médias, notamment publics qui, selon eux, favorisent les autres partis» et proposent de renforcer la séparation entre les trois pouvoirs.
M. Mohamed Ali Halouani, candidat de l'Initiative démocratique se déplace d'une région à une autre pour sensibiliser les citoyens à participer davantage à la vie publique en vue de renforcer la démocratie dans la société.
Les avis sont donc partagés et cela prouve, si besoin est, que la démocratie est réelle en Tunisie où toutes les forces politiques s'expriment librement sur la place publique.
A titre de rappel, si l'on tient compte de la logique même de la proportionnelle, les listes de l'opposition devraient disposer de 20% des espaces audiovisuels publics.
Toutefois, les listes de l'opposition bénéficient des mêmes temps accordés à la radio et à la télévision que ceux dont jouissent les candidats du RCD.
«Visionnaire et incarnant à la fois les aspirations du peuple tunisien et la conscience de la société, le Président Ben Ali a anticipé la démocratie en Tunisie» a reconnu Me Mustapha Yahyaoui, candidat de l'UDU à Tunis II. Il a appelé l'opposition à faire preuve d'humilité (voir La Presse du dimanche dernier).
Une chose est certaine : la campagne électorale se déroule dans une atmosphère démocratique, pluraliste et transparente.
Tous les observateurs neutres et objectifs savent que la Tunisie a réalisé des avancées démocratiques réelles. Il suffit d'aller sur le terrain et de suivre les différents candidats pour apprécier le ton ouvert, serein et parfaitement démocratique qui marque cette campagne électorale.
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