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Revue de Presse

 

Le Quotidien 27/10/2004

Au lendemain des élections : Les partis de l'opposition revoient leurs comptes...


Le rendez-vous électoral de dimanche dernier a constitué un baromètre qui a permis aux formations politiques de l'opposition de mesurer leurs audiences et de s'arrêter sur leurs véritables dimensions. Ces partis s'apprêtent désormais à revoir leurs comptes... et leurs ambitions...

Tunis - Le Quotidien
Les résultats obtenus par les partis de l'opposition au cours des élections présidentielle et législatives de dimanche dernier permettent de tirer plusieurs enseignements.
Le fait que l'opposition soit restée cantonnée dans les 20% des sièges de la chambre des députés correspondant au principe de la représentativité proportionnelle et dans des pourcentages très faibles en matière de présidentielle cache des écarts considérables entre les formations de l'opposition.
Le Mouvement des Démocrates socialistes a confirmé, en effet, sa supériorité face aux autres partis de l'opposition en remportant 14 sièges sur les 37 réservés à l'opposition. Le Parti de l'Unité Populaire a également confirmé l'amélioration de son audience en raflant 11 sièges à la Chambre des députés.
L'Union Démocratique Unioniste et le Parti Social Libéral semblent “stagner” sous l'effet d'une situation interne peu reluisante. Quant au Mouvement “Ettajdid” qui a participé aux élections présidentielle et législatives dans le cadre de “l'initiative démocratique”, il ne semble pas avoir tiré profit concrètement de son alliance avec les “indépendants” d'autant plus qu'il a perdu deux sièges au parlement par rapport aux résultats des législatives de 1999.
Le Parti Démocratique Progressiste ne semble pas capable de créer l'événement loin des alliances.

* Resserrement des rangs

Tous les partis de l'opposition se montrent désormais soucieux de revoir leurs comptes à la lumière des résultats du scrutin du 24 octobre.
Le Mouvement des Démocrates Socialistes qui se félicite d'être la deuxième formation politique après le parti au pouvoir envisage, d'ores et déjà, selon des sources proches du Bureau politique du parti, de “profiter de l'euphorie des résultats des législatives afin de régler l'affaire des démissions au niveau des fédérations de Monastir, Kébili, Jendouba et Siliana, survenues à cause de la guerre des têtes de listes dans l'objectif de mettre le paquet au cours des municipales de mai 2005.
L'Union Démocratique Unioniste, qui considère que les sept sièges qu'il a remporté en matière de législatives sont en deçà de ses attentes se félicite quand même d'avoir sauvegardé le même nombre de sièges qu'en 1990. M. Moncef Chebbi, membre du Bureau politique de l'UDU, estime toutefois, que “les Unionistes devraient désormais ne ménager aucun effort pour resserrer leurs rangs par le biais d'un débat interne intense et consolider les décisions du dernier Conseil national en attendant le congrès du parti prévu pour début 2005.
Au sein du Parti de l'Unité Populaire, l'intérêt se porte essentiellement sur la dynamisation du dialogue au sein des structures ainsi que sur l'ouverture sur les élites et les jeunes sans oublier les municipales de mai 2005.
Le Parti Social Libéral qui se situe en queue de peloton pendant les dernières législatives avec deux sièges seulement au parlement a besoin, selon des sources proches du Bureau politique du Parti, d'un véritable “congrès de réconciliation de nature à démocratiser la prise des décisions au sein des structures et d'attirer les élites libérales”.

* Perspectives d'alliance
Contrairement aux avis de certains observateurs avertis, les militants du Mouvement “Ettajdid” estiment que le fait que le Parti ait perdu deux sièges à la Chambre des députés “ne signifie aucunement que l'initiative démocratique a connu un échec”.
M. Adel Chaouech, membre du Bureau politique et député du parti, précise que “l'Initiative Démocratique a réussi à créer une sorte de pôle démocratique qui pourrait se consolider davantage”. Et d'ajouter: “C'est la première fois que des parties différentes présentent un candidat commun à la présidentielle et des listes communes aux législatives. Ne s'agit-il pas d'un exploit ?”
M. Chaouech fait remarquer également que les “Tajdidis” et les “Indépendants” s'attachent à poursuivre l'expérience de l'Initiative démocratique.
De son côté, le Parti Démocratique Progressiste cherche désormais à nouer des alliances avec l'opposition démocratique d'autant plus qu'il n'a pas réussi à entrer à la Chambre des députés.