Discours du Président Zine El Abidine
Ben Ali
devant les membres du Corps Diplomatique accrédités à Tunis
(Carthage, le 23 janvier 2003)
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Excellences, Monsieur le Doyen,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
J'ai grand plaisir à avoir, aujourd'hui, cette rencontre avec vous en ce début de la nouvelle année administrative, pour échanger les vœux avec vous, et vous charger de transmettre mes meilleurs vœux de bonheur et de réussite aux dirigeants de vos Etats, de progrès et de prospérité à vos peuples, tout en vous exprimant toute notre considération pour vos efforts continus en faveur du renforcement des liens de coopération entre la Tunisie et vos pays, et de l'enrichissement de ces relations dans les divers domaines.
Tout en remerciant Monsieur le Doyen pour les nobles sentiments qu'il vient d'exprimer envers la Tunisie et son peuple, je tiens à saisir cette occasion pour vous exprimer, de même qu'à l'ensemble des membres des missions diplomatiques, ma profonde considération, en formulant le vœu que cette année nouvelle soit porteuse de bien et de bonheur pour vous tous.
Monsieur le Doyen,
Excellences,
L'année écoulée a été, pour notre pays, une année riche en réalisations ; elle a été en effet marquée par le renforcement de la politique de réforme globale, la consolidation du processus démocratique pluraliste et la préservation des droits de l'homme et des libertés individuelles et publiques, ainsi que par l'introduction d'une réforme constitutionnelle fondamentale pour la construction de la République de demain, qui a recueilli l'adhésion unanime du peuple, au premier référendum organisé dans notre pays.
Nous avons déjà entrepris, de manière effective, la mise en œuvre des dispositions introduites par le nouveau texte de la Constitution, au sujet de la pluralité des candidatures aux prochaines élections présidentielles, la révision permanente des listes électorales, l'élaboration des textes de lois destinés à consolider la fonction législative, la mise en place de la Chambre des Conseillers, la consécration accrue des valeurs des droits de l'homme et l'extension de leur champ de protection, dans le sens de la garantie de la dignité de l'individu et de l'inviolabilité de ses données personnelles.
Nous sommes également parvenus à réaliser, au cours de l'année écoulée, des résultats économiques positifs, en dépit des incidences négatives des facteurs climatiques et de la récession qui touche l'économie mondiale, au cours de la dernière période.
Notre pays poursuivra, au cours de cette deuxième année d'exécution du Dixième Plan quinquennal, son processus de développement, avec confiance et détermination, afin que notre économie puisse s'adapter aux développements attendus, et sauvegarder la complémentarité entre les volets économique et social. En cela, nous comptons sur nos propres capacités nationales et nos moyens propres, ainsi que sur la coopération avec nos amis, dans le cadre du partenariat solidaire et des intérêts réciproques.
Monsieur le Doyen,
Excellences,
Notre foi dans la construction de l'entité maghrébine représente une des constantes de nos choix fondamentaux. Nous avons, ainsi, œuvré à raffermir les liens de fraternité et de coopération avec les pays maghrébins, et n'avons ménagé aucun effort, depuis la création de l'UMA, en 1989, pour promouvoir l'action maghrébine commune, et agir de concert avec nos frères, les dirigeants des Etats de la région, pour transcender les difficultés conjoncturelles, et réaliser les aspirations de nos peuples à la complémentarité et à l'unité.
Les résultats auxquels est parvenu le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères des pays de l'UMA, dans sa dernière session, tenue les 3 et 4 janvier 2003 à Alger, suscitent l'espoir de voir l'UMA retrouver son dynamisme et occuper la place qui lui revient dans son environnement régional et international.
Nous œuvrons, dans ce même temps, à promouvoir l'action arabe commune, à en consolider les institutions et à donner corps aux projets d'intégration économique arabe, et en premier lieu, la création de la zone de libre échange.
Nous poursuivons, également, nos efforts en faveur du raffermissement de nos relations avec les Etats islamiques frères, et pour le développement de notre coopération avec eux dans les divers domaines, en vue de relever les défis communs, dans le cadre des nobles valeurs et des aspirations de l'ensemble de la communauté islamique.
Au niveau africain, nous nous attachons à renforcer les liens de coopération et de solidarité avec les Etats africains, tant au niveau bilatéral que dans le cadre de l'Union Africaine, afin d'instaurer les conditions favorables à l'intégration de nos économies dans un espace cohérent.
Nous sommes convaincus que la période transitoire délicate que traverse notre continent requiert un appui consistant et efficace de la part de la communauté internationale, à travers un soutien actif au nouveau plan de partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD), permettant à certains de nos pays africains de surmonter leurs difficultés actuelles et de se consacrer exclusivement au développement et à la construction.
La Tunisie accorde une attention élevée à ses relations avec l'Union Européenne, surtout que l'Accord d'association entre notre pays et l'U.E. a atteint une étape importante dans son programme de réalisation, dans le sens des intérêts réciproques, de la contribution à la réalisation du développement intégral et solidaire, et du renforcement du climat de sécurité et de stabilité dans le bassin méditerranéen.
Nous nous préoccupons, dans ce contexte, de préparer au mieux notre économie nationale à s'insérer dans l'espace euro-méditerranéen et à gagner les enjeux de ce partenariat que nous considérons comme un choix fondamental pour l'avenir de notre pays.
C'est bien dans cette optique que la Tunisie apporte son concours à la relance du dialogue 5+5 dont elle abritera, cette année, la conférence au Sommet, afin de faire de l'espace euro-méditerranéen un espace de sécurité, de paix et de prospérité, en même temps qu'un trait d'union entre les différentes cultures et civilisations des peuples de la région.
La Tunisie continuera d'œuvrer, également, en faveur du raffermissement des liens d'amitié et de coopération avec les pays amis d'Asie et d'Amérique, sur la base des valeurs communes et des intérêts réciproques que nous avons avec ces pays.
La multiplication des foyers de tension et de conflits, aujourd'hui dans le monde, la recrudescence des dangers de l'extrémisme et du terrorisme, ainsi que l'aggravation et la propagation des maladies, de la pauvreté et de l'exclusion dans de nombreux pays, constituent, pour nous, un motif de grande préoccupation et de profonde inquiétude.
Les événements du 11 septembre 2001 ont eu des répercussions fâcheuses sur les relations internationales et sur la sécurité et la stabilité dans le monde; ce qui confirme la nécessité qu'il y a, pour la communauté internationale, de redoubler d'efforts pour trouver des solutions communes à l'ensemble des problèmes posés, et en premier lieu, la convocation, sans retard, d'une conférence internationale, sous les auspices des Nations Unies, en vue de l'établissement d'un Code de conduite engageant tous les Etats, pour la lutte contre le terrorisme. C'est dans cette même perspective que nous avons appelé à l'instauration d'un dialogue responsable qui aille au-delà des "deux poids et deux mesures" et ouvre la voie à une meilleure gestion des affaires du monde.
La situation dans les territoires palestiniens occupés a connu, au cours de l'année écoulée, une dégradation des plus dangereuses, du fait de la persistance d'Israël dans ses agressions contre le peuple palestinien, dans la destruction de ses institutions et dans ses attaques contre les dirigeants légitimes de ce peuple et son autorité nationale dans un défi flagrant aux résolutions du Conseil de sécurité, et du droit international.
La communauté internationale se doit d'agir sans retard pour mettre un terme à ces exactions, garantir une protection internationale au peuple palestinien, contraindre Israël à respecter la légalité internationale et les accords signés, rétablir le peuple palestinien dans ses droits nationaux légitimes, y compris la création d'un Etat indépendant, libérer tous les territoires arabes de l'occupation israélienne et consacrer le principe de la coexistence pacifique entre les peuples de la région.
A cet égard, la partie arabe a affirmé, à plusieurs reprises, sa disposition à construire une paix juste, globale et durable. Elle a déployé, à cet effet, des efforts assidus, depuis la Conférence de Madrid et jusqu'à la proposition arabe de paix qui a été adoptée à l'unanimité, lors du Sommet de Beyrouth, en mars 2002, et à laquelle la partie israélienne a répondu par une escalade dans ses agressions contre le peuple palestinien et en reniant tous les engagements et accords souscrits par les Gouvernements israéliens successifs.
Dans le cadre du renforcement des facteurs de sécurité et de stabilité au Moyen-Orient, il importe, également, de progresser dans la recherche d'un règlement au problème irakien, politiquement et par les voies pacifiques, et en évitant le recours à l'action militaire, après que l'Irak a fait preuve d'une coopération totale avec les Nations Unies et s'est conformé à la résolution 1441 du Conseil de Sécurité. Notre vœu est que cette année soit marquée par une solution pacifique de la crise irakienne, sauvegardant l'unité et l'intégrité territoriale de l'Irak, et épargnant à la région du Moyen-Orient davantage de troubles et d'horreurs.
Le ralentissement notable du développement auquel nous assistons, aujourd'hui, dans le monde, conjugué à l'aggravation du déséquilibre économique et scientifique entre le Nord et le Sud, avec la montée concomitante des phénomènes de marginalisation et d'exclusion, qui sont sources de désespoir pour bon nombre de peuples, constituent une source supplémentaire de recrudescence du phénomène de l'extrémisme et du terrorisme qui menacent la sécurité et la stabilité mondiales. C'est ce qui nous commande, à tous, de conférer une dimension humaine aux relations interna-tionales, dans le cadre des intérêts réciproques et d'un partenariat équilibré et solidaire.
La Tunisie a, pour sa part, insisté, en maintes circonstances, sur la nécessité de hâter l'instauration d'une politique internationale plus équitable, fondée sur l'interdépendance étroite entre la sécurité, la démocratie et le développement. C'est dans ce cadre que nous avions préconisé, dès 1989, l'établissement d'une charte mondiale pour la paix et le développement et présenté, plus récemment, notre initiative en faveur de la création d'un fonds mondial de solidarité et de lutte contre la pauvreté et le dénuement.
Nous avons, de ce fait, accueilli avec une profonde satisfaction l'adoption, le 20 décembre 2002 par l'Assemblée Générale des Nations Unies, du projet de résolution portant création du Fonds Mondial de Solidarité.
Il me plaît, en cette circonstance, d'exprimer mes vifs remerciements et ma considération aux Gouvernements de vos pays, pour leur action en faveur de l'aboutissement de cette initiative qui consacre les principes d'entraide et de solidarité entre les membres de la communauté internationale.
Cet événement constitue un nouvel acquis au profit des causes de développement humain dans le monde et il importe de continuer d'œuvrer en vue de lui assurer les ressources financières qui lui permettront d'engager ses interventions et de réaliser ses nobles objectifs, dans le cadre de la complémentarité entre les programmes de développement des Nations Unies et les objectifs définis par le Sommet du Millénaire.
D'un autre côté, l'aggravation du "fossé" numérique entre les pays industrialisés et les pays en développement commande de prendre des mesures pratiques en vue de permettre à tous les pays de tirer profit des larges opportunités offertes par le développement de la technologie et la révolution numérique et informatique.
Le Sommet mondial sur la société de l'information, que la Tunisie abritera en 2005, constituera, à cet égard, une occasion propice à l'élaboration d'un plan mondial contribuant au renforcement de la coopération entre les membres de la communauté internationale et à la consolidation du rôle de la communication et de l'information dans les programmes de développement.
Excellence, Monsieur le Doyen,
Excellences,
Il m'est agréable d'exprimer, en cette occasion, le bonheur que m'ont procuré les diverses rencontres que j'ai eues, au cours de l'année écoulée, avec mes frères et amis, les chefs d'Etat et dirigeants que nous avons eu l'honneur de recevoir en Tunisie, ou auxquels nous avons eu le plaisir de rendre visite dans leurs pays ou lors de rencontres régionales. Il me plaît, également, d'exprimer toute ma satisfaction pour les opportunités de concertation, d'échange de vues et de raffermissement des liens entre nos pays, que ces rencontres m'ont offertes.
Nous avons bon espoir que cette année nouvelle sera du meilleur augure pour tous les peuples, pays et dirigeants du monde, et qu'elle favorisera la consolidation de la paix et de la stabilité, et le raffermissement des relations de coopération et de solidarité, pour le plus grand bien de l'humanité tout entière.
Tout en vous renouvelant mes meilleurs vœux, je vous souhaite un séjour agréable en Tunisie, et un surcroît de réussite dans vos hautes fonctions.
Merci de votre attention.
Discours du Président Ben Ali devant les membres du Corps Diplomatique accrédités à Tunis (15 janvier 2004)
Discours du Président Ben Ali devant les membres du Corps Diplomatique accrédités à Tunis (15 janvier 2002)
Discours du Président Ben Ali devant les membres du Corps Diplomatique accrédités à Tunis (29 janvier 2001)
Discours du Président Ben Ali devant les membres du Corps Diplomatique accrédités à Tunis (27 janvier 2000)
Discours du Président Ben Ali à la clôture de la conférence annuelle des chefs de missions diplomatiques et consulaires (25 août 99)
Discours du Président Ben Ali sur la politique étrangère de la Tunisie (28 janvier 99)
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