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La Tunisie et la lutte contre le terrorisme

Extraits des discours et allocutions du
Président Zine El Abidine Ben Ali

"En contribution à la recherche de solutions adéquates à de nombreux problèmes posés à la communauté internationale, nous avons été parmi les premiers à préconiser la conclusion d’un Pacte de paix et de progrès entre pays du Nord et pays du Sud, et à attirer l’attention sur la nécessité de combattre les phénomènes de terrorisme et d’extrémisme, et de remédier à leurs causes, ainsi qu’à renforcer davantage la coopération et la solidarité entre l’ensemble des pays et des peuples".

Carthage, 8 août 2005

"Sur la scène mondiale, l'aggravation du danger terroriste requiert, plus que jamais auparavant, la coordination des efforts de la communauté internationale, dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies, en vue de faire face à ce phénomène. Nous renouvelons, aujourd'hui, notre appel en vue de trouver des solutions radicales aux causes de ce phénomène, et ce, en œuvrant à réduire l'extension de la pauvreté, de la marginalisation, de l'exclusion et de la privation, et en agissant, sans retard, afin de trouver des solutions justes aux problèmes en suspens dans le monde".

Carthage, 6 août 2004

"Le monde se trouve confronté, aujourd'hui, à d'énormes défis qui commandent l'harmonisation des efforts de tous les membres de la communauté internationale, et de faire preuve d'un attachement plus marqué à la réalisation des nobles objectifs mentionnés dans la Déclaration adoptée par le Sommet du Millénaire, ainsi que l'intensification des démarches en faveur du règlement des conflits par la voie du dialogue et de la concorde, du traitement des causes de pauvreté et de marginalisation, et de la multiplication des opportunités de coopération et de solidarité entre les Etats.

La Tunisie n'a de cesse d'apporter une contribution agissante à tous les efforts onusiens et internationaux en faveur de la réalisation de ces objectifs, tant elle a foi en les principes de liberté, de justice et d'égalité".

Carthage, 15 janvier 2004

"Dans la pratique démocratique, il est évident que chaque droit a, pour pendant, un devoir. De même, l'attachement aux droits de l'Homme et leur sauvegarde impliquent de concilier les intérêts de l'individu et ceux de la communauté", tant il est vrai que les droits individuels perdent toute signification et toute substance quand la société est menacée de troubles et d'anarchie par la faute de l'extrémisme et du terrorisme, quelles qu'en soient les causes ou les formes".

Dakar, 30 juin 1992


"Je tiens à réaffirmer que, pour nous, les droits de l'homme constituent à la fois une conviction, une culture, des mécanismes et un exercice quotidien que nous veillons à consacrer et à renforcer sans cesse. De même, la démocratie est un comportement civilisé, qui procède du sens de la responsabilité et se fonde sur le principe de la participation, conformément aux valeurs morales communément admises en ce domaine. Sa réussite est, ainsi, tributaire du respect des valeurs universelles communes, avec la prise en compte des spécificités et des conditions particulières de chaque pays, quant aux méthodes à appliquer pour inscrire cette démocratie dans la réalité et les pratiques des divers pays.

L'attachement aux droits de l'homme et leur protection commandent de concilier les intérêts de l'individu et ceux de la collectivité, tant il est vrai que les droits individuels demeurent dénués de sens, lorsque la société est en butte au désordre et à l'anarchie, du fait de l'irresponsabilité ou de l'extrémisme, quels qu'en soient les mobiles et les formes.

Je voudrais, en la circonstance, réitérer notre proposition en faveur de la conclusion d'une charte maghrébo-européenne qui serve de cadre à la garantie des droits et à la définition des devoirs des communautés maghrébines en Europe. A la faveur de ces initiatives conjuguées, nous pourrons éradiquer les causes d'extrémisme, de fanatisme et de racisme, des deux côtés, et bâtir des relations solides, fondées sur la coopération et l'entente".

Strasbourg, 22 juin 1993


"A cet égard, il est indispensable de souligner la nécessité de respecter les nobles principes et objectifs énoncés dans la charte de notre Organisation, et tout particulièrement ceux qui se rapportent au bon voisinage, à la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui et au respect mutuel et de renouveler l'engagement à condamner et à combattre toutes les formes d'extrémisme et de terrorisme, qu'ils soient religieux, ethniques ou raciaux, s'agissant de phénomènes étrangers à la nature de l'homme africain et à ses traditions de tolérance et de fraternité, d'autant qu'ils représentent un péril réel pour le progrès, la sécurité et la stabilité de nos sociétés et pour leur expérience toute naissante en matière de développement et de démocratie".

Le Caire, 29 juin 1993


"L'intégrisme, ou si vous préférez, l'obscurantisme religieux, enfante le terrorisme. C'est la porte ouverte à tous les excès. C'est une approche totalitaire qui exclut toutes les vertus qui permettent à l'homme de s'épanouir et de s'exprimer et aux sociétés de se développer et de se consolider. C'est une vision rétrograde qui fait abstraction de toutes les valeurs démocratiques pour lesquelles l'homme a, si longtemps, combattu et dont il a fait le corollaire indispensable de son progrès, dans tous les domaines. En d'autres termes, l'intégrisme est la négation de la démocratie, donc de la liberté et du progrès. Il en est l'antithèse.

En Tunisie, le problème a été réglé par la stricte application de la loi.

Maintenant, l'intégrisme, c'est votre problème : je veux dire celui de Paris, de Londres, de Washington. La France, la Grande-Bretagne, les Etats Unis, servent de bases arrière aux terroristes intégristes. En France deux intégristes tunisiens, soupçonnés de menées terroristes, qui viennent d'être arrêtés, avaient bénéficié de l'asile politique. Au nom de la liberté et de la démocratie, on donne asile aux ennemis de la liberté et de la démocratie".

Extraits de l'interview accordée au journal Le Figaro
2 août 1994



"Les intégristes sont fondamentalement les ennemis de la démocratie. Ils luttent pour renvoyer la population au Moyen Age. Où est la démocratie dans tout cela? Selon les lois et la Constitution tunisienne, il n'y aura pas de place pour un parti religieux. Il n'y en aura jamais. Nous n'emprunterons jamais cette voie. Ce serait une catastrophe pour le pays et pour la population si nous accordions l'autorisation de constituer un parti religieux. Aussi longtemps que je serai ici, Président ou pas, je continuerai à combattre la création d'un parti religieux. C'est là ma conviction".

Extraits de l'interview accordée au Financial Times
27 juillet 1994


"L'intégrisme, ou si vous préférez, l'obscurantisme religieux, enfante le terrorisme. C'est la porte ouverte à tous les excès. C'est une approche totalitaire qui exclut toutes les vertus qui permettent à l'homme de s'épanouir et de s'exprimer et aux sociétés de se développer et de se consolider. C'est une vision rétrograde qui fait abstraction de toutes les valeurs démocratiques pour lesquelles l'homme a, si longtemps, combattu et dont il a fait le corollaire indispensable de son progrès, dans tous les domaines. En d'autres termes, l'intégrisme est la négation de la démocratie, donc de la liberté et du progrès. Il en est l'antithèse.

En Tunisie, le problème a été réglé par la stricte application de la loi. Maintenant, l'intégrisme, c'est votre problème : je veux dire celui de Paris, de Londres, de Washington. La France, la Grande-Bretagne, les Etats Unis, servent de bases arrière aux terroristes intégristes. En France deux intégristes tunisiens, soupçonnés de menées terroristes, qui viennent d'être arrêtés, avaient bénéficié de l'asile politique. Au nom de la liberté et de la démocratie, on donne asile aux ennemis de la liberté et de la démocratie".

Extraits de l'interview accordée au journal Le Figaro
2 août1994


"Au premier rang de ces grands défis figure, sans doute, la montée, au sein de notre Oummah islamique, du phénomène de l'extrémisme qui se dissimule sous le masque de la religion, répandant le terrorisme sous toutes ses formes qui sont contraires aux valeurs authentiques de tolérance qui, au fil des siècles, ont caractérisé notre foi musulmane pure et ont garanti son rayonnement et son apport à la civilisation universelle.

Ces dernières années auront, du reste, démontré d'une manière qui ne laisse pas de place au moindre doute ni à la moindre contestation, les intentions véritables des groupes extrémistes qui se servent de notre pure foi islamique comme instrument pour la réalisation de visées personnelles étroites sans rapport aucun, ni de près ni de loin, avec la religion ni avec les intérêts de nos pays et de nos peuples.

Bien au contraire, ils représentent une nuisance flagrante pour l'Islam et pour les musulmans, à l'intérieur et à l'extérieur de nos sociétés musulmanes, à travers les dangers que leurs plans et leurs conspirations font peser sur la stabilité, la sécurité et le développement de ces mêmes sociétés, tout comme à travers l'image déformée qu'ils présentent de l'Islam et des musulmans aux autres nations et peuples.

A cet égard, le Sommet de Dakar avait marqué l'amorce d'une position islamique unifiée en faveur de la coopération et de la coordination qui s'imposent pour cerner et circonscrire ce dangereux phénomène, préserver notre religion contre toute manipulation et sauvegarder la sécurité et la stabilité de nos pays.

Forte de cette conviction, la Tunisie avait préconisé l'établissement d'un Code de conduite au niveau des Etats membres de l'Organisation de la Conférence Islamique, qui nous engagerait tous et nous servirait de base de référence pour constituer un front uni et bien soudé, afin d'empêcher la réalisation des desseins combien suspects des extrémistes et de ceux qui se cachent derrière eux.

En la matière, il ne faudra pas que ce Code de conduite se limite aux généralités, en matière d'incrimination du terrorisme et du fanatisme religieux. Nous avons, quant à nous, en Tunisie, pris l'engagement d'être les premiers à mettre le doigt sur la plaie, à appeler les choses par leurs noms, à les cerner et à y remédier, au moyen de la mise en œuvre des réformes économiques, sociales et éducationnelles qui s'imposent, de la consécration de la primauté de la loi et de la justice, de la diffusion et de la consolidation des valeurs spirituelles et civiques, et de la revitalisation continue de la cohésion et de la solidarité de toutes les composantes de la société, pour garantir l'équilibre de celle-ci et sa stabilité, à l'abri de tout excès ou carence.

Nous sommes persuadés que les engagements réciproques auxquels nous devons souscrire, doivent être formulés de manière claire et sans équivoque, comme c'est le cas dans toutes les organisations régionales. Il faudra, aussi, que dans ce Code de conduite, nous spécifions que l'incitation à la haine et au fanatisme racial et religieux constitue un délit qui doit être traité au même titre que le terrorisme. Il est en outre indispensable qu'y soient mentionnés toutes les formes sous lesquelles ce délit peut se manifester, telles que la constitution de mouvements qui appellent à ce type de déviation de l'esprit et du comportement, y adhèrent ou financent leurs activités, comme, par exemple, l'organisation de réunions ou la distribution d'imprimés prônant le fanatisme et la haine.

Ce qui nous y a incités, c'est bien le sens de la responsabilité historique dont nous sommes tous investis et qui nous commande de sauvegarder notre foi islamique limpide et d'en montrer l'image la plus belle et la plus saine au monde extérieur. En fait, de telles déviations dont notre histoire musulmane a déjà eu à connaître, dans le passé, certaines manifestations et qui, aujourd'hui, font leur apparition à contre-courant de l'histoire, n'auraient pu se frayer un chemin en terre d'Islam s'ils n'avaient pas mis à profit, de manière si éhontée, certaines difficultés conjoncturelles que connaît notre Oummah, ni n'avaient trouvé aide et soutien auprès de certaines parties hostiles à notre Oummah et à ses intérêts.

Aussi sommes-nous tenus, plus que jamais auparavant, de nous attacher aux préceptes limpides de notre religion, de nous conformer à ses valeurs sublimes qui interdisent la violence et la sédition et de souscrire aux objectifs de solidarité, d'entraide et de coopération que prône notre Organisation, sur la base du respect mutuel et du bannissement de toute ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

Autant le Code de conduite pour la lutte contre le terrorisme international est appelé à servir de cadre pour une coordination entre nos Etats dans la lutte contre le l'extrémisme qui se sert de la religion comme paravent, autant sa mise en œuvre implique l'établissement d'une convention qui nous engagera tous et en vertu de laquelle les actes relevant de ce terrorisme seront considérés comme actes criminels dans nos législations nationales; outre l'engagement à appliquer les mandats internationaux, à livrer les criminels de ce type, à s'abstenir de leur octroyer le droit d'asile, de les accueillir ou de leur assurer une quelconque forme de protection, y compris l'insouciance.
Casablanca, December 14, 1994

Le terrorisme intégriste, qui est aussi étranger à la vraie foi musulmane qu'il l'est à nos traditions millénaires, n'exsite plus chez nous. C'est un phénomène qui s'est manifesté à un moment donné durant les années quatre-vingt lorsque la situation politique était complètement bloquée et que la crise économique et sociale était à son paroxysme.
Depuis 1987, année du Changement, les réformes tant politiques qu'économiques et sociales, et les résultats réalisés sur tous les plans, ont permis, avec l'adhésion de l'ensemble des forces vives et démocratiques du pays, de faire disparaître ce danger".

Interview accordée au journal allemand
Frankfurter Allgemeine Zeitung
November 1996


"Il ne s'agit pas de lutter uniquement contre le phénomène du terrorisme islamiste, mais de combattre toutes les formes de terrorisme international, qu'elles soient confessionnelles, politiques, ethniques ou raciales. Ceci dit, c'est le terrorisme pseudo-religieux qui constitue la plus grave menace pour la sécurité, la stabilité et le développement des Etats qu'il prend pour cible.

Nous avons constamment exhorté la communauté internationale à conjuguer ses efforts pour endiguer ce phénomène. Pour cela, nous sommes persuadés qu'il est du devoir de tous les membres de la communauté internationale de souscrire pleinement à la nécessité de condamner toutes les formes de terrorisme, quels que soient les procédés dont font usage leurs auteurs. Semblable engagement implique nécessairement le devoir qu'il y a , pour tous les Etats, de s'abstenir d'accorder asile aux individus dont la participation ou la complicité dans des actes terroristes a été établie. C'est dans cette optique que la Tunisie préconise l'établissement d'un code de conduite international pour la lutte contre le terrorisme, à l'instar du code déjà adopté dans le cadre de l'Organisation de la Conférence Islamique.

Le terrorisme intégriste représente un danger pour tous les pays et tout particulièrement pour les pays occidentaux, qui n'en ont pas encore tous compris la gravité. Face à un tel danger, les calculs politiques ou autres ne peuvent qu'accroître les risques et prolonger les difficultés dont souffrent les pays qui sont isolément aux prises avec ce phénomène. Il est du devoir de la communauté internationale de répondre aux attentes de ces pays en combattant collectivement ce nouveau fléau, en luttant solidairement contre le crime organisé et transnational et en le privant de ses réseaux de financement et de ravitaillement.

Il est également de son devoir de mettre en place, avec les pays concernés, des plans d'action visant le développement de ces derniers, pour éteindre les foyers de tension et remédier aux fractures sociales, éradiquer la pauvreté et combattre l'ignorance et les inégalités, terrains propices à la contestation sociale, souvent violente, et par conséquent très favorables à la naissance et la croissance de mouvements extrémistes qui n'hésitent jamais à brandir des slogans fallacieux puisant leur substance dans l'héritage collectif des sociétés, à savoir la religion.

Dans la lutte qu'elle a menée contre l'extrémisme et le fanatisme pseudo-religieux, la Tunisie a opté pour une solution pluridimensionnelle. Cette solution consistant notamment à éliminer les poches de pauvreté, en portant nos efforts sur la réalisation d'un processus de développement intégral, qui englobe tous les secteurs, toutes les régions et toutes les catégories sociales. Nous avons complété ce processus par une opération additionnelle qui a consisté d'abord à localiser, ensuite à recenser et enfin à intégrer dans le processus de développement ce que nous avons appelé les "zones d'ombre", c'est-à-dire les zones urbaines, péri-urbaines et rurales qui n'ont pas été touchées par le plan général de développement économique et social. Cette opération de complément s'effectue par le truchement d'un organisme que nous avons créé spécialement à cet effet, à savoir, le Fonds de Solidarité Nationale, plus connu sous son numéro de compte-courant (26-26).

Il est financé par les donations volontaires des individus et des collectivités, et prend en charge le financement et la réalisation de projets d'infrastructure et de développement socio-économique dans les zones recensées.

Un autre volet de la solution que nous avons mise en œuvre consiste en la réforme de l'enseignement, l'école étant la cellule de base qui permet de former des générations imbues de sens civique, de tolérance et d'ouverture.
Nous avons révisé, en conséquence, les programmes d'enseignement de manière à inculquer à nos jeunes les préceptes authentiques de notre religion, tolérante par essence, les valeurs de la démocratie et des droits de l'Homme, en même temps que les diverses disciplines pédagogiques modernes.

Le succès que nous avons enregistré est le fruit de la maturité de nos concitoyens et de leur opposition systématique à toutes les formes d'extrémisme. Nous en tirons une énorme fierté et une profonde confiance en l'avenir".

Interview accordée par le President Zine El Abidine Ben Ali
à Asahi Shimbun (8 juillet , 1996)


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